Conter à l’infini - résidence au collège le Massegu de Vif (38) - 2015-2016

mercredi 31 mai 2017

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Le déroulement du projet
Dans le cadre du dispositif de résidence proposé par le Conseil Départemental – les Contrats Educatifs Isérois - nous avons associé notre création artistique à une démarche pédagogique en mettant en place un travail sur l’oralité et l’influence du conte sur le théâtre en direction des adolescents. JPEG - 222.4 ko Le collège le Massegu
Le travail de résidence s’est déployé de novembre 2015 à juin 2016 au sein du collège de Vif. Il était adressé aux élèves et à l’équipe pédagogique de l’établissement. Une salle nous a été attribuée, point de rencontre entre la compagnie, l’équipe pédagogique du collège et les élèves.

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Selon les objectifs de la résidence longue nous avons proposé différents modes d’échange et de pratique avec les élèves et les enseignants.
Objectif :
Créer les conditions d’une rencontre entre artistes et élèves de l’établissement, partager un processus de création et collaborer avec les enseignants du collège afin de faire circuler notions et matière entre plateau et salle de classe. Ainsi il était proposé aux élèves de :
1- être spectateurs- observateurs :

- participer aux répétitions et aux représentations de Marchand de Souvenirde Élisabeth Chabuel à l’Amphithéâtre du Pont de Claix,
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- participer à une répétition de la lecture que la compagnie préparée pour le Printemps du Livre Traversée, de Estelle Savasta

- participer aux répétitions et aux représentations de De quoi conter à l’infini !que nous avons créé au sein même du collège,
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- participer à différents happening organisés dans le hall du collège (boîte aux lettres, conteur public, etc),
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- participer au Bal-Spectacle de fin d’année (Flash Mob, différentes interventions, etc.)

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2 – Pratiquer la création

- avoir la possibilité de pratiquer une discipline artistique encadrée par des artistes engagés dans un processus de création : expérimenter le jeu, s’initier à l’écriture.
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- créer différents objets artistiques (écriture, objets théâtraux, plastiques, musicaux)

La démarche de la cie Infini Dehors

De l’oral au plateau, en passant par l’écrit
Depuis plusieurs années, la Cie INFINI DEHORS travaille à la création de projets qui ont pour point de départ une certaine oralité. Cette oralité est la matière de base de nos créations, c’est elle qui irrigue nos projets, nourrit un travail sur le mot – écriture poétique – et sur l’image et le mouvement – écriture de plateau ou procédé performatif. À travers elle, nous souhaitons transmettre l’appréhension de la complexité du monde. Nous pensons que la prise de conscience de la "complexité" permet l’ouverture d’esprit et la tolérance, la possibilité de l’individualité et d’une prise de position et par cela le vivre ensemble. C’est ce que nous pensons offrir à notre public et c’est ce que nous avons souhaité travailler dans les ateliers que nous avons proposés aux élèves de Vif. En lien avec les différentes disciples, nous avons abordé avec les élèves que nous avons rencontrés les différentes phases de la création :

- 1 : recherche (se nourrir, avoir de la matière à penser : cours, lecture, internet, spectacles),

- 2 : écriture (ateliers d’écriture, ou reprise en classe des pistes proposées en ateliers de jeu)

- 3 : plateau (expérimentation de la prise de parole, défendre son point de vue).
L’oralité c’est le partage de la mémoire
Le thème central de notre résidence était "le conte de Blanche Neige". Notre façon d’aborder l’oralité. Elle est transmission à la fois d’une grande simplicité (elle doit pouvoir être gardée en mémoire) et d’une immense complexité (elle ne se résume que dans l’ensemble de toutes les versions qu’elle offre, que dans l’imaginaire de tous les orateurs qui la portent). Le travail sur l’oralité offre la possibilité de concevoir une complexité dramaturgique que l’on pourrait imaginer quelque part entre la ligne droite du drame classique et les fragments éparses expérimentés dans les dramaturgies du 20ème siècle. Élisabeth Chabuel travaille comme auteure et dramaturge avec la Cie INFINI DEHORS, elle est l’auteure notamment des textes 7 44 (créé en 2008) et Marchand de Souvenir (créé en 2014). Le travail qu’elle a réalisé pour retrouver les structures type des modes de transmission orale – "On m’a raconté l’histoire" , "On dit que" – et les transposer dans du poétique permet l’appréhension de l’oralité comme pluralité de points de vue sur une même structure narrative. Lorsque nous nous sommes associées pour la première fois, c’était pour travailler sur la mémoire de sa mère, enfant à Vassieux en Vercors lors des événements de juillet 1944, et son texte 7 44, la boucle s’accomplissait : des souvenirs racontés par sa mère, à l’écriture poétique de 7 44, puis du texte à la mise en voix et en musique, nous partions de l’oralité la passant par l’écrit pour lui donner une forme, et ce, afin de lui redonner souffle. Élisabeth Chabuel a dirigé sur ce principe les ateliers d’écriture à destination des élèves de 5ème et de la classe Ulis du collège de Vif. Nous avons travaillé de la même manière à partir de la légende de la Belle Justine, légende moyenâgeuse de la ville de Die, ville d’origine de Élisabeth Chabuel, jamais consignée par écrit. A partir d’un travail de terrain à la recherche des différentes versions orales de cette légende, nous avons alterné travail de plateau et périodes d’écriture afin d’offrir une forme à cette légende et de la partager de nouveau oralement. Cette recherche des différentes versions d’une même trame narrative, est la piste sur laquelle nous savons souhaité embarquer les élèves de 6ème avec la création que nous avons faite cette année au sein du collège De quoi conter à l’infini ! Autour des différentes versions du conte type 709 dont Blanche Neige est l’une des versions.
Les thèmes centraux de notre travail
Le travail que nous avons ainsi amorcé autour du conte de Blanche Neige est à rebours des nos travaux précédents : partant d’un conte transmis par écrit nous souhaitons repartir de sa structure afin d’imaginer ce que serait ce conte s’il renaissait aujourd’hui. Blanche Neige est de plus l’autre face de la Belle Justine, femme à groin de cochon. Justine travaille sur le monstrueux et la laideur. Blanche Neige représente la beauté. Il s’agit là d’un thème précieux à notre travail, la femme, son corps et la place qu’il prend dans la construction des individus.
Nous aimons aller à la rencontre de nos publics et leur penser une place particulière dans nos dramaturgies. La parole est toujours donnée à entendre à l’oreille, au corps qui est là pour écouter. Nous aimons chercher la façon la plus forte de faire entrer le spectateur dans notre monde, penser l’entièreté de la salle comme scénographie, rendre le spectateur actif, sortir des théâtres et expérimenter l’espace public. Nous aimons qu’il y ait une part performative dans notre travail. C’est pourquoi une résidence dans un lieu non théâtral nous attirait beaucoup ainsi nous avons tenté d’introduire le théâtre dans un lieu fait pour l’apprentissage. "La maturité de l’homme, souligne Nietzsche, c’est retrouver le sérieux que l’on avait au jeu, étant enfant”. C’est ce jeu là que nous avons cherché à communiquer aux adolescents que nous avons rencontrés lors de notre résidence.


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