< Re-conter à l'infini ! T’as ton conte ! >

93 petits êtres sur les traces de Blanche Neige

Le projet pédagogique

Durant la saison 2016-2017, la Cie INFINI DEHORS a amorcé un travail avec près de 150 élèves de l’école primaire Paul Langevin (CM1 et CM2) et du collège Henry Barbusse (6ème) à Saint-Denis. Le projet, porté par le Théâtre Gérard Philippe (TGP) de Saint-Denis, offrait à chaque élève l’opportunité de participer – de la conception à la réalisation – à l’élaboration d’un spectacle vivant.

Nous avons ainsi lancé le projet de spectacle 93 petits êtres sur les traces de Blanche Neige.

Notre équipe est tout d’abord venue à la rencontre des élèves avec le spectacle De quoi conter à l’infini ! et le fameux Conteurnator, une machine à conter. Ce spectacle a été spécifiquement conçu par la Cie INFINI DEHORS pour un jeune public et dans l’intention d’éveiller chez les plus jeunes la curiosité d’écouter et de lire, et l’envie de conter et d’écrire.

Nous nous sommes installées dans le hall de l’école Langevin. 150 paires d’yeux fixées sur nous, 150 paires de fesses collées les unes contre les autres sur les petits bancs, un bout d’estrade pour nous surélever et des mètres de coton noir sur les fenêtres pour nous plonger dans l’obscurité : la magie des histoires ne pouvait qu’opérer.

Suite à cette première rencontre, nous avons lancé tout un travail d’écriture autour de la trame narrative du conte type 709 (dont Blanche Neige est une variante). Les enfants étaient désormais directement impliqués : d’orateurs, ils devenaient conteurs. Chaque classe avait son projet : réécrire un conte 709 existant ou écrire de leur propre conte.

Entre les séances avec notre équipe, l’équipe pédagogique s’est démenée pour avancer sur les recherches, l’écriture, puis les répétitions, afin de parvenir à la création du spectacle 93 petits êtres sur les traces de Blanche Neige.

Les textes des enfants

« C’est l’histoire d’un robot, d’une plume et d’un journal, c’est l’histoire d’un grain de sable ou encore d’un ballon. Tous ces objets, c’est d’abord l’histoire de Blanche-Neige, que les enfants, du CM1 à la 6ème, ont écoutée, réécoutée, lue par eux-mêmes, détournée, réécrite… réinventée enfin.

Mais finalement, qu’on l’appelle Blanche-Neige, Lune d’Or ou bien Neige, cette histoire, maintenant c’est la leur. Parce que ce conte, c’est l’histoire d’une enfant qui grandit, et grandir n’est pas une chose facile, avec tous ces tracas de peignes, de lacets et de pommes empoisonnées. Un peu comme quand on doit quitter l’école primaire. Pas besoin d’une forêt effrayante ou d’une cabane pleine d’ogres pour avoir peur, il suffit de franchir le grand portail vert du collège pour la première fois.

Alors pour rendre ce passage un peu plus doux, l’idée de créer quelque chose ensemble est née. Aidés de deux bonnes fées comédiennes pour la compagnie INFINI DEHORS, les enfants ont écrit, raturé, recommencé. Ils ont hésité, se sont trompés puis ont osé. Ils sont montés sur scène ou se sont confrontés à la caméra : ils ont soutenu nos regards fièrement, malgré le trac et les hésitations. Un parcours comme un conte de fées.

Il était une fois, quatre-vingt-treize petits êtres sur les traces de Blanche-Neige. Il était une fois, des enfants qui deviennent grands. »

Agathe Robert, professeure de Français au collège Henri Barbusse – Saint-Denis (93)

Réécriture version 709 du Liban – classe de CM1

Dans le désert la chaleur
Du soleil chaud la mer
Le sable brûle
Sur le chemin de la Méditerranée
Derrière derrière
Le fleuve Litani coule tout doucement dans la plaine du Bekaa
Dans la mer Méditerranée j’ai trouvé des pêcheurs qui pêchaient des
poissons et les vendaient
Sur les pointes des montagnes j’ai trouvé de la neige glacée
En mangeant du taboulé j’ai trouvé des amis
Aujourd’hui je mange à Beyrouth
Mange mange des brochettes
Mange mange mange mange mange mange mange mange mange comme un cochon
Des baklawa
Des quaricha avec du sucre et du miel
Des kenafeh fourrés aux dates noix et pistaches
Et quand je mange du hoummous j’ai plein d’énergie
Quand je mange du taboulé je me sens bien
Sur la pointe des montagnes il y a de la neige et des cèdres
On dit qu’il était une famille composée de
Une mère un père et une fille.
Le père s’appelait Shalmine,
La maman s’appelait Laura, et la fille s’appelait Neige.
Je suis rouge blanc rouge
Je suis le bois tendre du cèdre vert
Je suis de là-bas du Liban
Je viens du fleuve Litani
Je viens de la plaine du Bekaa
Je viens de la méditéranée et des montagnes enneigées
La fille grandissait, elle était très belle.
La mère tomba gravement malade puis elle mourut.
Le père s’est remarié avec une marâtre.
La marâtre était jalouse car ma fille était plus belle qu’elle.
Elle disait toujours à son miroir :
Miroir mon miroir qui est la plus belle moi ou ma belle fille.
Et le miroir lui disait toujours ta belle fille est plus belle que toi.

Réécriture Version 709 de Grèce – classe de CM1

Elle a poussé la grande porte en bois de la hutte
Surprise par un concert de ronflements de 40 ogres qui dormaient.
Lune d’Or s’est cachée sous une bassine
Et elle a attendu le jour.
Le matin un grand cri l’a réveillée :
« Eh ! Lundi il n’y a pas cantine !
Bon alors on va devoir faire la cuisine. »
Et les 40 ogres sont partis travailler.
Lune d’or a pu sortir de sous sa bassine
Elle a découvert un intérieur aux mille pierres précieuses.
Devant elle se trouvait une grande table en fer
Avec une nappe dorée et incrustée de diamants, 40 assiettes en or
Des couverts en argent
Des verres et des couteaux incrustés de saphirs, symbole de la sagesse.
Du gibier était suspendu au plafond
Des bocaux débordaient de fruits et de légumes.
Et des centaines de miches de pain périmées !
En tournant la tête elle a découvert une cheminée en or
Et juste au dessus une énorme carte au trésor.
Saphirs, Diamants, Émeraudes, Rubis, Or
Tout brillait de 1000 feux !
Même par les robinets, à la place de l’eau, il coulait des pierres précieuses.
Elle a continué sa visite bouche bée.
Dans la chambre elle a découvert 40 lits énormes
Et une grosse armoire blanche
Dans l’armoire blanche il y avait 40 T-shirt, 40 maillots de bain et 40 calculettes
Et tout au fond une petite porte qui emmenait aux toilettes
Où il y avait 40 cuvettes.
Elle s’est souvenue qu’il n’y avait pas cantine
Alors elle a préparé à manger pour les ogres.

Portrait d’un personnage extrait d’un conte 709 par un élève de 6ème

Je suis clair.
Je suis fait de sable.
Je suis Belami.
J’ai 15 ans.
Je viens de Saint Denis, une grande ville de France.
Je viens de la place du marché où il y a plein de couleurs.
Je viens de la basilique où tous les rois sont enterrés.
On dit que quand je suis né j’étais clair comme le sable et très gentil
donc j’avais beaucoup d’amis. Mais ma mère était jalouse de moi. Ma mère
m’a fait subir des épreuves pour me faire mourir mais j’ai survécu grâce
à mes amis.

Je suis clair.
Je suis en fer.
Je m’appelle Jonathan.
J’ai 17 ans.
Je viens de Paris.
Je viens d’un petit pavillon à côté de la grande roue.
Je viens de là où il y a la Tour Eiffel.
Je viens de là où on mange du pain, du fromage et des croissants.
On dit que quand je suis né, mon grand frère était jaloux de moi. Il a
tenté de m’assassiner plusieurs fois : il n’a jamais réussi jusqu’au
jour où il m’a dit de le rejoindre à la rivière en bas de Paris. Il m’a
noyé mais j’ai été sauvé grâce à trois chiens qui m’ont sorti de l’eau.

Le spectacle

Si vous souhaitez en savoir plus sur le spectacle 93 petits êtres sur les traces de Blanche Neige, qui a été joué le jeudi 4 mai 2017 au TGP de Saint-Denis, vous pouvez consulter l’article de Sebastien Banse publié dans le Journal de Saint-Denis.

Affiche du spectacle – Serge Bloch


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