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DIMA

Conception Natacha Dubois
Texte : Stéphane Jaubertie (Extrait de Une chenille dans le cœur, publié ayx Éditions Théâtrales Jeunesse)
Musique : Laurent Buisson
Avec : Charlène Girin, Natacha Dubois et Laurent Buisson
Scénographie et lumière : Mathieu Tomasini
Regard extérieur : Jérémy Bucion

Administration et production : Le Grand ManiTou Co-production : ACCR – St Laurent en Royans (38), La Bobine - Grenoble (38), MTG – Brindas (69), Théâtre des Pénitents – Montbrison (42), Espace 600 – Grenoble (38), St Marcellin Vercors Isère Communauté– Vercors (38) – Espace Paul Jargot – Crolles (38), (en cours).
Avec le soutien de : Diapason – Saint Marcellin (38), Théâtre Municipal de Grenoble – Atelier de construction, Ville de Grenoble, Département de l’Isère, Région AuRA, Drac AuRA (en cours).

Théâtre musique et manipulation

Durée du spectacle :30 min - suivie d’une rencontre de 30 min

Jauge 50 personnes - À partir de 8 ans

L’histoire :

Dima est un jeune tueur de loup. C’est son métier. Un jour, il rencontre au pied d’un arbre une jeune femme. Ils tombent amoureux et décident de se marier. Mais la famille de la jeune femme est une meute de loups et elle est une femme louve. Pour rester ensemble, ils vont pactiser avec la meute : elle ne sera plus jamais louve et lui ne tuera plus de loup sans quoi il sera métamorphosé en loup. Leur enfant naît. Mais, Dima n’a plus de travail, plus d’argent pour payer le chauffage et leur enfant va mourir de froid. Seule la chaleur profonde d’une peau de loup le sauverait. Une nuit, Dima prend son fusil, part à la chasse, rencontre un loup et l’abat.

L’auteur :

Stéphane Jaubertie écrit des textes qui s’adressent aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Comme sur un palimpseste, il écrit, efface et réécrit des fables initiatiques. C’est de l’intime, de la chair, du plus profond de soi qu’il part pour fabriquer un théâtre qui parle au cœur et à la tête et composer une dramaturgie percutante, intelligente et rare.

Une chenille dans le cœur est né en 2008, d’une commande d’écriture de cinq théâtres.

Il est aussi l’auteur de : Les Falaises, Yaël Tautavel ou l’Enfance de l’art, Jojo au bord du monde, Létée, De passage, Un chien dans la tête, Livère, Crève l’oseille !, État sauvage, Sac à dos, Laughton, etc. Tous ses textes sont publiés aux éditions Théâtrales.

Une chenille dans le cœur :

Une chenille dans le cœur est la pièce de Stéphane Jaubertie d’où est extrait Dima. Elle se déroule dans le “Pays des arbres” où il ne reste qu’un seul arbre. Une enfant sans colonne vertébrale, qui porte un corset de bois trop petit pour la femme qu’elle devient, y rencontre un bûcheron venu du “Pays de la misère”, qui ne bûcheronne plus parce qu’il n’y a plus d’arbre à couper. L’une a besoin pour vivre que le bûcheron coupe l’arbre et lui taille un nouveau corset. L’autre sait que s’il coupe l’arbre, les fantômes-arbres de la forêt qu’il a décimée viendront le tuer. Comme une fresque écologique, Une chenille dans le cœur soulève ce dilemme contemporain : Comment imaginer l’avenir, dans un monde usé jusqu’au désert ? Dans Une chenille dans le cœur, c’est l’enfant qui raconte l’histoire de Dima au bûcheron qui n’arrive pas à dormir.

Note d’intention :

En 2023, nous monterons le texte de S. Jaubertie : Une chenille dans le cœur. Ce texte, dont le personnage principal est un arbre, est construit comme ses cernes : passé, présent, futur sont comme des couches, des strates qui reposent les unes sur les autres et se nourrissent entre elles. Dima, petit conte extrait de cette histoire, est l’une de ces poupées gigognes. Comme l’histoire de la Chenille, il est une métaphore de la période que nous traversons. Face à la peur d’un monde qui périclite, nous avons un choix à faire : doit-on fermer les yeux en attendant la mort, ou se métamorphoser ? La question est complexe. La métamorphose est effrayante pour nous tous. Nous avons pensé qu’une forme itinérante permettant d’aller à la rencontre des enfants et qu’ouvrir le débat permettrait de poser les jalons d’une réflexion sur la place de l’homme dans l’écosystème, parmi les autres espèces.

Dima sera une petite forme autonome et tout terrain pour deux comédiennes manipulatrices et un musicien (30 minutes, pour une jauge de 50 spectateurs, à partir de 7 ans). À la fois outil pédagogique et première rencontre entre l’équipe et les jeunes spectateurs, nous jouerons à partir de mai 2022.

Nous travaillons avec de petites marionnettes : des pieds d’humain et des pattes de loup. Elles laissent au public le soin d’imaginer le reste du corps des personnages mais également les processus métamorphiques à l’œuvre dans cette histoire. Le spectateur, comme un pisteur, suit les traces laissées par les personnages. Sous les pieds des marionnettes, des sortes de tampons encreurs laissent des empreintes à l’encre noir sur papier blanc. Notre décor, une piste enneigée au milieu des arbres, est un long rouleau de papier blanc dont le déroulement marque le passage du temps. Chaque représentation du spectacle aura ainsi sa propre piste d’empreintes, un papier couvert de traces de pattes que nous laisserons au public dans les lieux qui accueilleront le projet.

Face aux gradins, une petite scène (3m x 0,70m x 0,20m de haut) délimitera notre espace de manipulation, à la manière d’un castelet. Tout près se trouvera une table pour les instruments du musicien.

Le musicien, multi-instrumentiste, sera partie intégrante du spectacle. Il mélangera musique électronique et instruments acoustiques. Il manipulera ses instruments (synthétiseurs analogiques, guitare électrique, cithare, guimbarde, flûte à bec, crotale et voix micro), comme les comédiennes leurs marionnettes. Le travail de Laurent Buisson cherchera à créer la sensation de liberté des grands espaces sauvages, et celle du temps du conte. En interaction avec le public jusque dans des prises de parole qui sculpteront la fiction, il cherchera le chemin du concret à l’abstrait, du bruitage à la musique, du son d’une meute de loup à un son synthétique et analogique pour qu’apparaisse la musique.

Chaque représentation sera suivie d’un échange de 30 minutes avec le public, d’un véritable temps de discussion entre les classes et l’équipe artistique : Quelle place l’homme peut-il avoir parmi les autres espèces et au cœur de l’écosystème ? Qu’est-ce que cette crise écologique que nous devons affronter ? Jusqu’où aller pour sauver demain ? Quel demain souhaitons-nous ? Quel nouvel équilibre inventer ?


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