< De quoi conter à l'infini !

Et la neige disparaît...

Texte et mise en scène : Natacha Dubois
Collaboration artistique : Aude Pons et Giulia Arducca
Composition, batterie : Marc Marques Lucio
Avec : Natacha Dubois, Marc Marques Lucio, Aude Pons et un chœur d’adolescents recruté pour les représentations
Vidéo : Natacha Dubois, avec la participation de Giulia Arduca et Laura Lantez
Lumières et régie générale : Julien Cialdella
Son et régie vidéo : Nourredine Slimani

Durée : 1h15

Production : INFINI DEHORS/Théâtre
Avec le soutien de : Département de l’Isère, DRAC Rhône-Alpes-Auvergne, Théâtre Gérard Philipe - CDN de St Denis, Amphithéâtre du Pont de Claix, Pot au Noir, collège Le Massegu de Vif et collège Les Mattons dans le cadre du dispositif PICC (Pass Isérois du Collégien Citoyen).

Le spectacle

« Tant pis si je reste moche Je veux être moi pour toujours Moi
Je ne veux pas être transformée en femme-femme-FEMME »
(extrait de Et la neige disparaît…)

Le public pénètre dans l’espace du miroir. De l’autre côté de la vitre, une explosion vient d’avoir lieu et Blanche se retrouve projetée dans le miroir. Elle nous raconte son histoire.

Depuis que La Parfumière vit avec Blanche et son père, un nuage de pollution envahit la ville. Quand son père disparaît dans ce nuage, Blanche part en expédition pour le libérer. La Parfumière est propriétaire de l’usine de cosmétiques située au nord de la ville. C’est là-bas que va se rendre Blanche. Mais la Parfumière l’arrête et dépose sur ses lèvres un rouge empoisonné. Tiraillée entre les désirs que provoque en elle ce rouge à lèvres et ses peurs d’enfant, Blanche s’apprête à faire face à tous les dangers … jusqu’à cette fameuse explosion.

Dans cette réécriture du célèbre conte de Grimm, la lutte de cette Blanche-Neige des temps modernes se fait métaphore des épreuves à traverser au cours de l’adolescence. Et la neige disparaît … est l’histoire d’une héroïne combative qui affronte le monde. C’est l’histoire d’une enfant qui devient adulte, d’une enfant qui lutte pour se construire dans un monde lui-même en questionnement identitaire.

Explorant le passage de l’enfance à l’âge adulte, ce spectacle a été créé au plus près des adolescents, dans le cadre de plusieurs résidences artistiques en milieu scolaire initiées par le Département de l’Isère, la Seine-Saint-Denis et la Fondation de France. Un groupe d’élèves sera sur scène avec nous pour chaque représentation.

Note d’intention

Réécriture contemporaine du conte de Blanche-Neige

Dans notre texte, nous jouons à retranscrire les images traditionnelles du conte dans un monde contemporain. La Parfumière, nouvelle femme du père, est patronne d’une usine de produits de beauté qui empoissonne le territoire. Elle est le symbole de la société de consommation. Un nuage de brouillard polluant séparera Blanche de son père. Le chasseur est un motard qui emportera Blanche sur sa moto pour l’emmener dans une boîte de nuit. Le casque de la moto deviendra cercueil de verre. C’est comme si Blanche-Neige luttait pour construire son identité dans un monde, lui-même, en questionnement identitaire. Dans notre histoire, le rouge à lèvres et le nuage de pollution sont les métaphores des troubles chimiques que subit le corps à l’adolescence. D’ailleurs, l’adolescence ne serait-elle pas de son côté la métaphore des changements que subit notre monde — pollution, trouble moral et politique, etc ?

Rapport au féminin

C’est en nous intéressant à l’image de la femme aujourd’hui que nous avons recroisé Blanche-Neige. Notre texte est librement inspiré du conte des frères Grimm. Mais si, dans leur version, la princesse endosse l’image de la “parfaite petite femme au foyer” — belle mais surtout porteuse des attributs féminins : douceur, sensibilité et serviabilité — nous souhaitons la voir comme une héroïne combattante qui affronte le monde. Un enfant qui devient adulte.

Réflexion sur le passage à l’âge adulte

Chassée pour ce qu’elle représente, la beauté en devenir ou tout simplement “l’avenir”, notre héroïne est prête à faire face aux dangers : traverser les bois, affronter la nuit, se confronter à la solitude, à la rencontre de personnages étranges et effrayants, ou à la sexualité. Elle s’adapte à son environnement. Elle grandit. Elle devient. L’histoire de Blanche-Neige peut être lue comme la métaphore des épreuves à traverser au cours de l’adolescence : un éveil social. Blanche-Neige pose, à travers une quête de la liberté, les questions de l’image de soi, de l’autorité, de l’obéissance, du politique, du rapport aux adultes, de la rencontre avec l’autre et de la place de la sexualité dans la construction de soi.

Nous souhaitons entreprendre un travail sur le passage à l’âge adulte. Nous retourner sur notre adolescence et peindre une fresque de cette transformation-construction identitaire. Délimiter cette zone floue où tout fut dense et puissant. Retrouver le chaos émotionnel de cet âge. Rechercher l’énergie engendrée par la confusion et la terreur du changement, la tentation et le désir grandissant. Changement que nous ne pouvions alors véritablement prendre en compte que dans le regard d’autrui : ce miroir que nous voulions faire taire, mais dont nous ne pouvions véritablement nous affranchir.

“Miroir, mon beau miroir, dis-moi que je suis la plus belle ?

Bien qu’il paraissait impossible de sortir victorieuses, le combat qui s’opérait en nous, entre assimilation de la “féminité” et volonté d’affirmer sa singularité et sa place parmi les autres, nous occupait pleinement. Nous voulons raconter cette histoire parce qu’à cette période, nous aurions aimé entendre que ceci n’était que la marche à suivre pour la constitution de notre individualité dans un groupe social.

De la narration au théâtre

Notre texte est une imbrication de deux narrations : celle du personnage du Miroir et celle de notre héroïne, Blanche. Le Miroir est l’écho des émotions intérieures de Blanche. Il est le lien entre le public et l’espace intérieur de Blanche. C’est lui qui va lancer l’histoire. Il est un pont entre deux mondes, celui de la fiction et celui de la représentation : commentant l’un et agissant sur l’autre, jusqu’à distribuer au hasard dans le public, un rôle dans l’histoire de Blanche, celui de La Main.

Blanche est sur scène, elle raconte son histoire. Cependant d’autres voix interviennent dans sa narration : les Loupiots, la Parfumière, la famille Sètenins et la Main. Ces voix interagissent avec Blanche et soutiennent la narration qui peu à peu devient action. Ce basculement dans l’écriture nous permet de sortir du conte et de créer des espaces de théâtre d’images, où corps et musique prennent d’avantage de place.

Création musicale – Batterie sur scène

Marc Marques Lucio — troisième interprète sur scène, musicien, batteur-percussionniste — accompagne nos partitions comme un battement de cœur qui s’accélère pour s’assurer qu’il vit. En étroite sensibilité avec le texte et l’interprétation que nous en faisons, il compose sa propre partition. Nos influences : la bande original de Bird Man.

Un chœur d’enfants avec nous sur scène

Nous souhaitons mener ce projet en lien avec des adolescents et nous souhaitons qu’il soient présents sur scène avec nous. Pour cette création, nous alternons travail de plateau et immersion dans des établissements scolaires (en Isère et en Seine-Saint-Denis). Nous souhaitons créer, à chaque fois, une relation particulière avec un groupe d’adolescents.

Chaque représentation doit être précédée d’ateliers et de répétitions avec des adolescents ou pré-adolescents du territoire. Ces derniers, partenaires importants de notre spectacle, nous suivent jusqu’au plateau. Une trentaine d’heures de médiation culturelle et du temps de plateau doivent donc être envisagés pour accueillir notre projet.

Calendrier


< De quoi conter à l'infini !