< De quoi conter à l'infini !

Et la neige disparaît...

Texte et mise en scène : Natacha Dubois
Collaboration artistique : Aude Pons et Giulia Arducca
Composition, batterie : Marc Marques Lucio
Avec : Natacha Dubois, Marc Marques Lucio, Aude Pons
et un choeur d’élèves recruté pour les représentations
Avec la participation à la vidéo de : Giulia Arduca, Laura Lantez,
et de l’ensemble des élèves de 4ème du collège le Massegu.
Lumière et régie générale : Julien Cialdella
Son : Pascal Thollet
Vidéo : Natacha Dubois

Durée : 1h25

Production : INFINI DEHORS/Théâtre
Avec le soutien de : Conseil Général de l’Isère, Drac Rhone Alpes Auvergne, Amphithéâtre du Pont de Claix, collège Le Massegu de Vif dans le cadre du dispositif PICC (Pass Isérois du Collégien Citoyen), Département de l’Isère, Pot au Noir, TGP CDN de St Denis.

Le spectacle

« Tant pis si je reste moche Je veux être moi pour toujours Moi
Je ne veux pas être transformée en femme-femme-FEMME »
(extrait de Et la neige disparaît…)

Le public pénètre dans l’espace du miroir. De l’autre côté de la vitre, une explosion vient d’avoir lieu et Blanche se retrouve projetée dans le miroir. C’est l’usine de cosmétique au nord de l’agglomération qui vient d’être réduite à néant. Blanche va nous raconter son histoire. La propriétaire de l’usine se nomme la Parfumière. Depuis peu, cette femme vit avec Blanche et son père. Exploration du passage à l’âge adulte dans le cadre du conte de Blanche Neige, Et la neige disparaît… est créé au plus proche des adolescents, dans le cadre de résidence artistique en milieu scolaire du département de l’Isère. Un groupe d’élèves sera sur scène avec nous pour chaque représentation.

Note d’intention

C’est en nous intéressant à l’image de la femme aujourd’hui que nous avons recroisé Blanche Neige. Notre texte est librement inspiré du conte des frères Grimm. Mais si, dans leur version, la princesse endosse l’image de la “parfaite petite femme au foyer” – belle mais surtout porteuse des attributs féminins : douceur, sensibilité et serviabilité – nous souhaitons la voir comme une héroïne combattante qui affronte le monde. Une enfant qui devient adulte.

Chassée pour ce qu’elle représente, la beauté en devenir ou tout simplement “l’avenir” ; elle est prête à faire face aux dangers : traverser les bois, affronter la nuit, se confronter à la solitude, à la rencontre de personnages étranges et effrayants et à la sexualité. Elle s’adapte à son environnement. Elle grandit. Elle devient. L’histoire de Blanche Neige peut être lue comme la métaphore des épreuves à traverser au cours de l’adolescence et un éveil social. Blanche Neige pose, à travers une quête de la liberté, les questions de l’image de soi, de l’autorité, de l’obéissance, du politique, du rapport aux adultes, de la rencontre avec l’autre et de la place de la sexualité dans la construction de soi.

Depuis longtemps, nous souhaitions entreprendre un travail sur le passage à l’âge adulte. Nous retourner sur notre adolescence et peindre une fresque de cette transformation – construction identitaire, délimiter cette zone floue où tout fut dense et puissant. Retrouver le chaos émotionnel de cet âge. Rechercher l’énergie engendrée par la confusion et la terreur du changement, la tentation et le désir grandissant. Changement que nous ne pouvions alors véritablement prendre en compte que dans le regard d’autrui : ce miroir que nous voulions faire taire mais dont nous ne pouvions véritablement nous affranchir.

“Miroir, mon beau miroir, dis-moi que je suis la plus belle ?” Bien qu’il paraissait impossible de sortir victorieuses, le combat qui s’opérait en nous, entre l’assimilation de la “féminité” et la volonté d’affirmer sa singularité et sa place parmi les autres, nous occupait pleinement. Nous voulons raconter cette histoire parce qu’à cette période, nous aurions aimé entendre que ceci n’était que la marche à suivre pour la constitution de notre individualité dans un groupe social.

Dans notre texte, nous jouons à retranscrire les images traditionnelles du conte dans un monde contemporain. La Parfumière, nouvelle femme du père est patronne d’une usine de produits de beauté qui empoissonne le territoire, elle est le symbole de la société de consommation. Un nuage de brouillard polluant séparera Blanche de son père. Le chasseur est un motard qui emportera Blanche sur sa moto pour l’emmener dans une boîte de nuit. Le casque de la moto deviendra cercueil de verre. C’est comme si Blanche Neige luttait pour construire son identité dans un monde, lui-même, en questionnement identitaire. Dans notre histoire, le rouge à lèvres, le nuage de pollution sont les métaphores des troubles chimiques que subit le corps à l’adolescence. Et l’adolescence de son côté ne serait-elle pas la métaphore des changements que subit notre monde – pollution, trouble moral et politique, etc ?

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